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« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt
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Elections 2007 : des voix de vieux, de familles, de professionnels
Quelques liens, quelques textes...

En ce début d’année électorale, des voix - de vieilles personnes, de familles, de professionnels - se font entendre et interrogent les hommes politiques et, plus globalement, le modèle de société qu’ils proposent.

Quelques liens, quelques extraits de texte (qui seront complétés dans les semaines à venir)...

Une société pour tous les âges

Résumé :

"Une vingtaine d’associations, des personnalités et des experts travaillant avec les personnes âgées ont interpellé mercredi les candidats à la présidentielle à propos de leur programme et de leurs engagements, face aux défis posés par le vieillissement de la population.

Partant du constat qu’en "un siècle, l’espérance de vie a augmenté de près de 30 ans", les principaux acteurs des champs du vieillissement (syndicats de retraités, fédérations de familles, personnes âgées, professionnels de l’hospitalisation ou des services à domicile) interrogent les politiques dans un manifeste de douze questions.

Dépendance et autonomie des personnes du 3e et 4e âge, discrimination anti-vieux, travail des seniors, isolement et pauvreté, financement des retraites, menaces pesant sur les petites pensions, solidarité, tous les problèmes du vieillissement s’invitent ainsi dans la campagne électorale.

"Quelle place proposez-vous pour ces personnes dans la société d’aujourd’hui et de demain ?" demande une question. "Quelles villes et quelles campagnes imaginez-vous pour que puissent y vivre ensemble, sans isolement, et sans discrimination culturelle ou sanitaire, des personnes de tous âges et de tout état de fragilité ?" questionne une autre.

Parmi les associations signataires : l’Adehpa et la Fnadepa (directeurs des maisons de retraite), la Fédération hospitalière de France (FHF), la Fnar (association de retraités), France Alzheimer, l’union Française des retraités, l’Una (soins et services à domicile), l’Union nationale des oeuvres et organismes sanitaires et sociaux (Uniopss).

Les réponses des candidats seront mises en ligne sur le site "une société pour tous les âges", qui veut "porter la réflexion au débat public afin de créer un mouvement d’opinion". "(AFP)

Extraits :

Evolution de la société

1. Les âges et les générations, comme les évolutions démographiques, n’ont pas été suffisamment pris en compte par les politiques publiques.
Comment comptez-vous concrètement prendre en compte ces questions au sein des politiques que vous souhaitez mener ?
Ne croyez-vous pas qu’une politique du vieillissement devrait remplacer la « politique vieillesse » ?

2. Les pouvoirs publics ne sont pas les seuls responsables de l’image globalement négative que les médias et le grand public ont du vieillissement et de la vieillesse.
Quels moyens mettrez-vous en œuvre pour veiller à ce que les représentations de l’avancée en âge et de la vieillesse ne se focalisent pas sur des aspects négatifs ?

3. À force d’identifier utilité sociale et activité rémunérée, de nombreuses personnes retraitées se voient considérées comme inutiles, surtout si elles refusent de se définir uniquement par rapport à une activité bénévole ou familiale.
Quelle place proposez-vous pour ces personnes dans la société d’aujourd’hui et de demain ?

La suite du manifeste et de ses questions sur le blog "une société pour tous les âges".

Résidents et familles au sein de la FNAPAEF s’interrogent

En tant que candidat à la Présidence de la République, que comptez-vous faire pour :

1) Egalité de traitement du handicap sans discrimination d’âge ni géographique
Conformément à l’article 15 de la Charte sociale européenne révisée en 1996, nous demandons l’égalité de traitement de tous les citoyens handicapés, à domicile ou en établissements, sans discrimination d’âge ni géographique. Nous refusons de voir pérenniser la situation actuelle votée par les parlementaires en juillet 1994 (PED). Un droit à compensation sans discrimination permettrait de prendre en charge l’ensemble des coûts liés aux handicaps, et ainsi de baisser le tarif hébergement supporté par les personnes âgées et leurs familles. Il aurait aussi pour avantage de gommer les disparités territoriales et la criante injustice d’une APA insuffisante et inadaptée autant en établissements qu’à domicile.

2) La solidarité nationale – Créer pour tous une 5ème branche de protection sociale
La FNAPAEF observe qu’il existe actuellement trois catégories de citoyens handicapés :
ceux pris en charge par l’aide sociale,
ceux qui ont des revenus assez élevés pour financer leur dépendance,
ceux qui n’ont pas accès à l’aide sociale car ils ont atteint le plafond de ressources limite, mais qui disposent de revenus insuffisants pour faire face à l’inflation des tarifs hébergements. C’est dans cette catégorie que nous rencontrons des difficultés financières insupportables ! Où est la solidarité nationale ? Conséquences d’une telle injustice : Des personnes âgées blessées dans leur amour propre, ne veulent pas être un poids financier pour leurs enfants et refusent parfois de se faire aider, ou d’aller en établissement. Certaines vont jusqu’à se suicider ! Des familles vivent des situations conflictuelles d’ordre psychologiques, financières ou dues à la fatigue, qui peuvent conduire à la maltraitance de leurs proches. Sans la mise en place d’une cinquième branche, la loi 2002-2, le Plan solidarité grand âge et tous les textes qui s’empilent ne seront que des leurres.

3) Assurance dépendance
Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir s’offrir une assurance dépendance. Cette inégalité supplémentaire disparaîtra avec la création d’une 5ème branche que nous réclamons.

4) Repenser le mode de financement des établissements...
notamment au niveau du bâti, afin de ne plus faire supporter le poids des amortissements par les personnes accueillies. La collectivité qui finance les écoles, les collèges, les Universités, les gymnases, les stades ... doit aussi financer les lieux de vie en faveur des personnes âgées, faire des réserves foncières et ne pas laisser les prix de journée s’envoler au détriment des budgets moyens comme le rapporte la Cour des Comptes, sachant qu’un prix de journée élevé n’est pas un gage de qualité en terme d’accompagnement ! Quand on entre en maison de retraite, alors qu’il est si difficile de quitter son chez soi, est-il normal d’être pénalisé financièrement ? De devoir payer, comme le ferait un propriétaire, des charges sur un logement dont on est simple locataire ? Le résident d’un EHPAD devrait régler uniquement l’hôtellerie, restauration comprise.

5) Le financement de toutes les mesures exigées par les commissions de sécurité
doit être assuré par la collectivité (formations, exercices, équipements, climatisation, groupes électrogènes...) pour autant qu’elles soient conformes à la réglementation et ne pas être reporté, même en partie, sur le tarif hébergement.

6) Accueil de proximité en nombre suffisant pour satisfaire la demande des citoyens âgés
Nous demandons que les personnes âgées seules ou non, avec un handicap léger ou non, ou qui souhaitent se rapprocher de leurs enfants, puissent avoir le choix entre le maintien à domicile, la sécurité et la convivialité dans un habitat collectif de quartier adapté au grand âge, Petites Unités de Vie, Domiciles collectifs, EHPA, EHPAD pour les plus handicapés. Il faut de toute urgence combler le déficit actuel de tout type de logements et de places en EHPAD. Le libre choix en dépend. En ce qui concerne les logements-foyers (EHPA), nous refusons les nouvelles mesures fixant le GMP à 180.

7) USLD-EHPAD-Hôpital
Reconnaître, grâce à la filière gériatrique, les USLD comme de vraies structures de soins pris en charge par l’Assurance maladie, et mettre fin à la discrimination par l’âge de l’accès aux soins. Mais pour permettre aux EHPAD de garder leurs résidents jusqu’à la fin de leur vie, et éviter leur transfert en USLD, il faut mettre en place des équipes mobiles psycho–gériatriques hospitalières de liaison entre l’hôpital et l’EHPAD, développer l’HAD comme à domicile, renforcer le partenariat EHPAD-Hôpital-services gériatriques pour des admissions courtes en médecine et un retour rapide en EHPAD. Nous devons éviter le passage en SAU traumatisant pour la personne âgée.

8) Des ratios de personnel adaptés au degré de dépendance des établissements qui permettront d’assurer des soins respectant le rythme de la personne âgée ainsi que sa dignité, de lui offrir une écoute attentive, un accompagnement social et humain, de rompre sa solitude.

9) Un personnel formé avant embauche et des aides soignants imputés à 100 % sur le tarif soins
Nous déplorons que nos aînés soient trop souvent accompagnés par des personnels sans formation à l’écoute, au prendre soin, à certains gestes techniques, aux problèmes liés à la dénutrition, aux pathologies particulières de type Alzheimer, Parkinson, mais aussi mal-voyance, surdité. Cette formation humaniste doit précéder l’embauche pour le bien-être de personnes vulnérables et présentement être donnée à tous les personnels, non formés, en service. Cette demande vaut aussi pour le domicile ou seulement 13 % des personnels d’associations prestataires sont formés, et 6 % des associations mandataires. Nous exigeons la prise en charge à 100 % des aides-soignants et des psychologues sur le tarif soins et non sur le tarif dépendance et nous dénonçons que certains établissements soient conduits à imputer sur le tarif hébergement des personnels sans qualification qui se substituent aux aides-soignants.

10) Revaloriser auprès des jeunes le travail d’accompagnement des personnes handicapées de tout âge par des campagnes publicitaires, la prise en charge des études d’aides-soignants, des salaires en rapport avec la pénibilité du travail, afin d’éviter les changements permanents de personnel alors que la personne âgée a besoin de se sentir reconnue et sécurisée par un personnel stable.

11) Contrat de séjour
Les contrats de séjour sont souvent rédigés pour satisfaire aux intérêts de l’établissement plus qu’à ceux des résidents et comportent parfois des clauses abusives. Nous demandons qu’un contrat type, incontournable, soit étudié par les autorités de tutelles avec des règles définissant des protocoles de bientraitance. Toute clause abusive doit être sanctionnée par un organisme indépendant.

12) Conseil de vie sociale
Conçu pour être une instance de dialogue, il est trop souvent considéré comme une exigence administrative supplémentaire au regard des directions et gestionnaires. Son absence (ou son mauvais fonctionnement) doit alerter les pouvoirs publics. Afin d’en assurer la bonne marche, les familles dont la représentation doit être rendue obligatoire, et les résidents élus doivent pouvoir bénéficier d’une formation ou à tout le moins se voir remettre un document, réalisé par les autorités de tutelles, qui expliquerait dans le détail le rôle des représentants, l’obligation de règlement intérieur rédigé par ses membres, donnerait le décret dans son intégralité et les données essentielles de la loi du 2 janvier 2002 avec les références. Il est par ailleurs anormal que les derniers textes aient prévu une composition " a minima " de ces conseils, il faut au contraire les étoffer, en instaurant notamment la présence d’un élu communal obligatoire, (comme dans les collèges ou centres de loisirs enfants).

13) Représentation des résidents et de leurs familles
Compte tenu de l’évolution prévisible du nombre des personnes âgées accueillies en maison de retraite, du nombre d’établissements à construire en urgence, que proposez-vous pour que les résidents et leurs familles qui ont une connaissance de terrain, soient décemment représentés dans les différentes instances nationales, régionales, départementales, en tant que tels, y compris dans les conseils d’administrations des établissements publics ou privés ?

14) Information sur les établissements d’accueil
Il est urgent de mettre à la disposition de tous les citoyens, sur un site national, les informations concernant les établissements d’accueil, avec notamment la composition du conseil d’administration, les statuts, la direction en place, le contrat de séjour, le règlement de fonctionnement ainsi que les noms des représentants du Conseil de vie sociale.

Cessons une fois pour toutes d’opposer le domicile aux maisons de retraite

FNAPAEF
Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées en Etablissements et de leurs Familles
Espace Associatif : 53 impasse de l’Odet – 29000 Quimper