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« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt
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Un "piège à clandestins"
Place de la République. Liberté, égalité, fraternité.

De tout temps, le problème avec les "sans papiers", les "clandestins", les "asociaux", les "indésirables", les "vagabonds", les "sans domicile fixe", c’est précisément qu’ils ne sont pas fixes : ils bougent.

Ils bougent beaucoup trop pour pouvoir être bien surveillés, encadrés, contrôlés, arrêtés...

Heureusement, il existe des pièges.

D’après le communiqué du Réseau Education Sans Frontières du 31 janvier 2007 :

Mardi 30 janvier vers 19h. Paris, place de la République.
Contrôles de police. Huit-dix fourgons garés côté 3e arrondissement. Des agents, par groupes de trois, contrôlent les identités dans le métro et aux sorties.
Contrôles ciblés des personnes « visiblement étrangères ».
Alertés, une trentaine de militants du Réseau Education Sans Frontières (RESF) se rendent sur place.
Discussions, slogans, bousculades : les fourgons partent quand même, des "sans papiers" à leur bord.

Qu’est-ce qui distingue cette "opération de contrôle" des autres ?

C’est, comme l’indique le RESF, qu’au "même moment, sur le terre-plein central de la Place de la République, les Restos du cœur organisent une distribution de 400 repas, comme tous les mardis, jeudis et samedis à cet endroit".

Ce sont donc majoritairement les habitués de cette distribution qui arrivent en métro qui sont contrôlés et éventuellement embarqués.

L’"opération" a été exécutée sur réquisition du Procureur de la République qui avait ordonné des contrôles entre 19h et 23h sur un périmètre comprenant la place de la République et ses environs.

Presque pareil mi-janvier. Mais alors, les policiers étaient postées sur la place, bien visibles. Ce jour-là les Restos du cœur n’avaient distribué que 150 repas au lieu des 400 habituels.

Comme l’écrit le RESF : "toutes les rafles sont intolérables, celles qui prennent pour cible les gens qui ont faim sont immondes. Les plus démunis ont confiance dans les Restos du cœur qui depuis tant d’années leur apportent un peu de réconfort pendant l’hiver. Devront-ils demain renoncer à ces distributions de repas devenues trop dangereuses pour eux ?
Fin décembre, le Préfet de Police de Paris a eu une attitude digne en interdisant la distribution de soupe au porc organisée par l’extrême droite et destinée à trier les « bons pauvres » des « mauvais pauvres ». Laissera-t-il interdire les Restos du cœur aux sans papiers en transformant les lieux de distribution en pièges ?"

Place de la République.