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Antipsychotiques / psychotropes en institution
Une étude sur leur prescription.
Pourquoi donne-t-on des antipsychotiques aux personnes institutionnalisées ?

« Une équipe finlandaise s’est récemment interrogée sur la fréquence de l’usage des antipsychotiques en long séjour. Ils ont voulu savoir les raisons pour lesquelles ils étaient prescrits, avec un intérêt tout particulier pour les pensionnaires les plus âgés. Leur enquête a porté sur 1334 résidents de 90 ans ou plus, répartis dans 66 institutions ou centres de long séjour. Un tiers d’entre eux recevait un ou plusieurs traitements antipsychotiques.

Les facteurs les plus souvent associés à cette médication étaient : un comportement social inadapté, un état d’anxiété chronique, des mouvements incontrôlés, de mauvaises relations avec leur entourage. A l’inverse, un esprit d’initiative ou une bonne sociabilité diminuait sensiblement le risque d’administration d’antipsychotiques.

Curieusement, les auteurs n’ont trouvé aucune corrélation entre la prise de neuroleptiques et un quelconque diagnostic psychiatrique ou tableau clinique avéré. Ils en concluent que des antipsychotiques sont fréquemment donnés aux résidents en long séjour de 90 ans et plus, essentiellement pour des raisons tenant à leur comportement social. Bien souvent, les prescriptions de ces médicaments ne répondent pas à des indications claires, et l’évaluation de leur efficacité est rarement faite. S’agit-il d’une particularité finlandaise ? »

Nous pouvons sans hésiter répondre qu’il ne s’agit pas d’une spécificité finlandaise… et qu’il n’est pas du tout curieux que les auteurs n’aient pas trouvé la corrélation traitement / maladie…

Référence :
Alanen HM et al. Age Ageing. 2006 ;35:508-513) - Bf 917-2006.

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AJOUT juillet 2007 :

" La prescription de psychotropes en Ehpad est-elle trop fréquente ?

Un certain nombre d’investigateurs se sont déjà inquiétés de l’usage très répandu des médicaments psychotropes dans les centres de long séjour hébergeant des personnes âgées. La prise de ce type de molécule peut en effet être associée à de nombreux effets secondaires préjudiciables à la qualité de vie des pensionnaires, voire à de sérieuses complications.

Une nouvelle enquête, réalisée dans 485 institutions canadiennes et concernant plus de 47 000 résidents, vient confirmer la très large prescription de ces molécules.

Parmi ces pensionnaires, 32,4% recevaient régulièrement un antipsychotique, la fréquence de prescription allant de 20,9% à 44,3% selon les établissements. Les pensionnaires des institutions les plus promptes à dispenser ces médicaments avaient 3 fois plus de chance de recevoir un antipsychotique que ceux qui séjournaient dans un établissement où la prescription était la moins fréquente. Ces taux de dispensation restaient les mêmes, que les résidents soient atteints de psychoses et/ou de démence, avec ou sans indication avérée pour de tels traitements. Cette enquête confirme bien que certains établissements semblent parfois user de façon abusive des médicaments psychotropes chez leurs pensionnaires.

Références : (Rochon PA et al. Arch Intern Med. 2007 ;167:676-683) "