jerpel.fr
le site de Jérôme Pellissier
« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt
Accueil du siteSociétéPolitique(s)
Aide à domicile, travail au noir : l’hypocrisie des politiques
Sur l’affaire Cottalorda

Les faits : Alain Cottalorda, le président socialiste du conseil général de l’Isère, et ses parents, ont employé pendant plusieurs mois, au noir, une infirmière roumaine. Pour aider les parents du président du CG, dans des conditions qui s’apparentent à une forme moderne d’esclavage : 7 jours sur 7, 12 heures par jour, des nuits (la jeune femme était logée sur place), sans compter le refus de régulariser la situation de la jeune femme, le fait de lui imposer de changer de prénom (elle s’appelle Camelia, ils l’appeleront Isabelle), une surveillance forte de ses allées et venues, etc.

Peu importent ici les détails quant à la responsabilité : depuis quelques jours en effet, depuis que l’affaire a été révélé par Mediapart, Alain Cottalorda s’évertue à expliquer que seuls ses parents (son père de 97 ans, décédé maintenant, et sa mère de 96 ans ayant besoin d’être autant aidée) sont responsables de tout cela...

Pour plus d’informations sur l’affaire, voir :

L’article par lequel l’affaire fut révélée :
http://www.mediapart.fr/journal/france/040315/la-famille-du-president-ps-de-lisere-employait-au-noir-une-roumaine

et le deuxième article, mise au point après la campagne de défense désinformative du concerné :
http://www.mediapart.fr/journal/france/070315/employee-au-noir-les-faibles-contre-feux-dalain-cottalorda

On s’attardera en revanche quelques instants sur cette parfaite illustration de ce à quoi conduit la politique suivie par l’actuel gouvernement, dans la lignée des précédents : par le refus de permettre aux personnes handicapées et/ou malades ayant besoin d’aide de plus de 60 ans de disposer des mêmes aides que celles de moins de 60 ans qui sont dans la même situation, notre système crée une rélaité crue. Au-delà des 3 heures par jour environ que finance au maximum l’APA, s’ouvre le grand domaine du "démerdez-vous".

Si vous n’avez pas d’argent, ayez de la famille, des voisins, des ami-e-s, disponibles, très disponibles, et corvéables.
Si vous avez de l’argent, il dépendra alors que vous le dépensiez au service de cette aide de façon officielle ou officieuse - et, si c’est de façon officieuse, il y aura encore plusieurs situations possibles, selon que les conditions de travail seront plus ou moins esclavagistes.

Cette affaire illustre, s’il en était encore besoin, le décalage entre les grands discours politiques, sur le "maintien à domicile" notamment, et la réalité : des pauvres qui manquent d’aide et de nombreux riches (y compris députés, sénateurs, et autres politiques), de droite comme de gauche, qui font ce qu’a fait Alain Cottalorda (en étant souvent, cela dit, plus respectueux que lui de la personne employée).

Quant au silence des medias sur cette affaire, comment l’interpréter ? Faut-il n’y voir que de l’indifférence pour ces questions ? Faut-il aussi le lire comme une forme d’acceptation banalisante du recours au travail au noir dans ce domaine ?

En attendant, quelques pistes de réflexions dans cet entretien où, pour Mediapart, je réponds aux questions de Rachida El Azzouzi :

Rachida El Azzouzi : A l’image de la famille du président socialiste du conseil général de l’Isère qui employait au noir une jeune Roumaine rebaptisée « Isabelle » pour s’occuper 24h/24, 7 jours sur 7, de leur mère âgée de 96 ans, nombreux sont les abus dans le secteur de l’aide à domicile et les situations d’esclavagisme moderne. C’est l’arbre qui cache la forêt selon vous...

Jérôme Pellissier : Oui, il ne faudrait pas prendre cet arbre pour un sujet isolé au milieu d’une prairie ! Il existe en effet de très nombreuses situations où sont employées au noir des jeunes-femmes pour prendre-soin de personnes âgées qui, à cause d’une maladie ou d’un handicap, ont besoin d’être aidées. Après, il me semble important de préciser qu’il y a dans cette affaire précise une dimension particulière qu’on ne retrouve pas partout. Le fait de changer le prénom de la personne (véritable marquage symbolique), de lui imposer des formes et des rythmes de travail extrêmes, de la surveiller, etc. Il y a là une dimension esclavagiste qu’on ne retrouve, heureusement, pas toujours ! Beaucoup de gens recourent au travail au noir pour ce qu’on appelle l’aide à domicile mais le font sans pour autant esclavagiser la personne ainsi.
(Cela dit, ne soyons pas non plus tolérants face au travail au noir sous prétexte qu’il n’est pas aussi inhumain que celui-ci… : car tout travail au noir, par l’absence de reconnaissance du travail, l’absence de cotisations sociales, d’assurance, de droits pour le salarié, etc., est une forme, peut être douce, mais néanmoins réelle, d’esclavagisme.)
Mais donc, si l’on met de côté l’aspect extrême de la situation de cette jeune roumaine illégalement employée par Alain Cottalorda et sa famille, on peut affirmer que recourir à du travail au noir pour aider des personnes âgées en besoin d’aide est une pratique extrêmement répandue.

Comment expliquer que ce soit si courant ?

La principale raison en est l’absence d’aides financières à hauteur des besoins quand les personnes ayant besoin d’aide sont âgées.
Il faut rappeler qu’en France, si vous avez moins de 60 ans et une maladie ou un handicap qui vous mettent dans une situation où vous avez besoin d’être aidé, la solidarité nationale joue son rôle : elle finance vos aides (par une prestation, la PCH) à hauteur des besoins. Si votre maladie ou handicap est invalidant au point, par exemple, d’impliquer que vous soyez aidé 20 heures par jour, elle finance ces 20 heures. Ce qui permet aux personnes malades et ou handicapées de moins de 60 ans ayant besoin d’aide d’être aidées, quelle que soit leur situation économique, par des professionnels.
Ce système, juste, solidaire, digne de l’esprit qui présida après-guerre à l’instauration de la sécurité sociale, s’arrête à 60 ans. Après 60 ans, terminé ! Si vous avez 65 ans, ou 80 ou 100, et même si vous avez le même handicap ou la même maladie, et le même besoin d’aide, qu’une personne de 40 ou 50 ans, c’est fini. Là, vous relevez d’une autre prestation, qui s’appelle l’APA, et qui a pour caractéristique d’être plafonnée. Autrement dit, peu importe que vous ayez besoin d’être aidé 5 heures ou 20 heures par jour. Le montant sera le même.
Le montant maximum de l’aide, pour les personnes dites « les plus dépendantes », varie selon les régions, mais ne dépasse jamais 1500 euros. Une telle somme, si la personne s’adresse à des professionnels, finance environ 3 heures d’aide par jour…

Si donc la maladie ou le handicap crée un besoin d’aide de plus de 3 heures par jour, qu’est-ce qu’il reste ?

Si les gens n’ont pas les moyens, il reste la démerde : les membres de la famille s’il y en a, les ami-e-s, les voisins, les associations… Et il reste aussi et surtout, pour beaucoup de gens – dont beaucoup de vieilles femmes en grande vulnérabilité – de vivre sa maladie ou son handicap sans être aidé pour le vivre le moins mal possible. C’est ainsi que vous voyez des vieilles personnes se nourrir mal, se soigner mal, vivre isolées, etc., par manque d’aides.
Si les gens ont les moyens, alors ils vont financer eux-mêmes les personnes qui vont les aider. Soit en s’adressant à des professionnels – mais le coût alors va devenir gigantesque – soit en s’adressant à des non-professionnels, au noir.

Plus précisément, que représenterait le coût d’une aide professionnelle dans une situation comme celle de la mère d’Alain Cottalorda ?

Si on prend la situation d’une dame qui aurait besoin d’une aide toute la journée et même quelques fois la nuit, avec le recours à des professionnels, on serait sur un budget d’au minimum 5000 euros mensuels.
Après, si on va jusqu’au bout du questionnement, plusieurs questions : qui possède de telles sommes ? Qui, les possédant, est prêt à les mettre au service de quelque chose tellement déconsidéré (aider ou prendre soin d’une vielle personne malade et/ou handicapée) ? Qui, même les possédant, n’est pas tenté par le recours à du travail au noir (pour des raisons économiques, certes, mais aussi pour d’autres sur lesquelles il faudrait aussi se pencher).

Il y a donc de très nombreuses personnes et familles qui, faute d’avoir les moyens ou faute de vouloir les utiliser honnêtement, recourent à du travail au noir. On peut affirmer même, sans aucune crainte de se tromper, que le travail au noir, dans ce domaine, est quantitativement bien plus important que le travail déclaré.

Vous évoquiez d’autres raisons que financières pour le recours à des non-professionnels. A quoi pensiez-vous ?

La majorité des gens préfèrent vivre, et être aidés, à domicile, plutôt que dans des établissements. Et à domicile, une partie des gens, même quand ils ont le choix, préfèrent recourir à des non-professionnels pour des raisons aussi de confiance. Soit parce qu’ils ont davantage confiance en des personnes qu’ils connaissent (le cousin d’un ami de la petite-fille, le fils de l’épicier du bout de la rue, la belle-fille de la gardienne de l’immeuble…), soit parce qu’ils se méfient des professionnels.

On touche là à un autre aspect de ces situations, très délicat : celui de la formation des professionnels, de la culture ambiante dans ce travail d’aide à domicile, des conditions de travail, etc. Peu ou pas de formation, un travail souvent « à la chaîne », une culture (elle est globale dans notre société) d’infantilisation voire de mépris pour les personnes âgées vulnérables, etc. : tout cela conduit de nombreuses personnes âgées et leurs proches à trouver que les professionnels sont peu compétentes voire humainement peu recommandable. Ce qui là aussi renforce la tentation du recours au travail au noir…
Il y a bien aussi, il faut l’évoquer, une dimension de pouvoir en ces affaires. Dans beaucoup de situations où une personne est aidée par un service d’aide à domicile, le sentiment qui prévaut (chez la personne et/ou ses proches) est d’être dominée par ledit service. Sentiment que ce sont les professionnels qui ont le pouvoir et qui imposent à la personne leurs contraintes, leurs choix, etc. Alors que dans le cadre d’un travail au noir, le pouvoir s’inverse : l’employeur peut être beaucoup plus exigeant… Pour le meilleur (la personne aidée verra plus facilement ses rythmes, ses volontés, ses désirs, etc., respectés) comme pour le pire (des employées deviennent de véritables esclaves domestiques).

Selon des chiffres de l’OCDE, le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus sera multiplié par quatre entre 2000 et 2050, passant de 1,2 million de personnes à 4,8 millions. Avec le vieillissement de la population française, le secteur des services à la personne est de fait en pleine explosion. C’est le gisement d’emploi inespéré en temps de crise et de chômage record. On se souvient du plan Borloo d’aide à la personne qui promettait un eldorado économique. Or il n’en est rien. Pouvez-nous décrire la vraie réalité sociale ?

Il existe et existera en effet de plus en plus de réels besoin, du moins si les projections démographiques s’avèrent justes. Sachant que le nombre de personnes âgées malades et/ou handicapées augmente moins vite que le nombre de personnes âgées. Au fil des décennies, on vit plus vieux en meilleure santé…

Les services à la personne sont en effet un secteur qui pourrait permettre de créer de très nombreux emplois. Mais il faudrait que la volonté politique soit réelle et forte pour cela : autrement dit, que ce ne soit pas des sous-emplois, à temps partiels non choisis, mal considérés, mal rémunérés, avec pas ou peu de formations, etc.

Mais quand on voit ce qui advient dans d’autres pays (Allemagne, Japon…) où les gouvernements réfléchissent aux manières de délocaliser les maisons de retraite pour les faire aller dans des pays où la main d’œuvre est moins chère… on peut se demander si, dans la logique libérale qui est celle de nos gouvernements actuels, il existe une réelle volonté de créer des emplois, en France, dans ces secteurs.
Sachant que nous aurons aussi du mal à améliorer ces métiers tant que notre culture restera baignée de la croyance que prendre-soin d’une personne malade/handicapée, « c’est facile », « c’est naturel », « c’est bon pour les femmes, etc.

Que sait-on de ces travailleurs de l’ombre précaires et vulnérables, en majorité des femmes ? Qui sont-ils ?

Celles qui ne sont pas déclarées sont en effet en majorité des femmes. Qui parfois font ce travail en poursuivant des études, ou en complément d’un autre travail, déclaré lui. Mais bien souvent, ce sont des personnes qui sont au chômage ou dont la situation de permet pas un travail officiel. Des personnes qui très souvent ne connaissent pas leurs droits, maîtrisent peu ou pas la langue française, etc. Leur fragilité, économique, sociale, etc., les rend donc particulièrement vulnérables à des employeurs malintentionnés.
Il est de touts façons très difficiles de connaître la réalité de tout ce travail au noir… et les réelles conditions de travail de ces personnes. Tout cela se déroule dans des domiciles privés, est plus ou moins caché… Comment, même s’ils étaient informés de situations d’abus, des inspecteurs du travail pourraient-ils s’en occuper ?

Vous pointez aussi une certaine hypocrisie de nos dirigeants politiques qui sont souvent les premiers à avoir recours à ce type de salariés vulnérables... Pourquoi en France personne ne dénonce ces situations ?

Il y a en effet une hypocrisie phénoménale des dirigeants politiques. D’une part avec le décalage entre leurs discours sur le fait qu’ils « favorisent le maintien à domicile » et la réalité où à part quelques petites retouches, quelques petits emplâtres, rien n’est concrètement fait pour que cette vie à domicile ait lieu dans de bonnes conditions quand la maladie ou le handicap crée des besoins d’aide.
Plus globalement, il y a une permanente hypocrisie des politiques qui prétendent se préoccuper de ce sujet, qui disent vouloir « adapter la société au vieillissement de la population » mais qui reportent d’année en année une loi peau de chagrin sur le sujet, et qui viennent de mettre fin à l’existence de la Fondation Nationale de Gérontologie (ses actions, son centre de documentation et de recherche, etc.).

Hypocrisie aussi parce que la grande majorité des politiques refusent de modifier la législation pour mettre en place, pour les personnes malades et/ou handicapées ayant besoin d’aide de plus de 60 ans un système comme celui qui existe pour celles de moins de 60 ans. Sous prétexte que ça coûterait trop cher. Résultat : ils maintiennent une situation qui fait que même dans leurs rangs, le recours à des formes d’esclavagisme moderne est fréquent ! Le président socialiste du conseil général de l’Isère est loin d’être une exception parmi ses collègues.

Hypocrisie globale aussi, pour plusieurs raisons. D’abord, probablement, parce que ce qui concerne les familles et au sein des familles les personnes âgées les plus fragiles, n’intéresse pas grand monde. Femme + pauvre + vieille + malade = autant de raisons pour ne pas intéresser ceux qui croient surtout en la masculinité, la richesse, la jeunesse, la performance, etc.
Ensuite parce que cette situation, qui laisse une large part à l’entraide, à la démerde, etc., a du mauvais mais contient aussi du bon : on voit ainsi des situations où, plus facilement qu’avec des professionnelles, se sont tissées entre les personnes aidées et les personnes qui les aident, de véritables relations d’amitié et de fraternité. Il faudrait donc, comme certains essayent de le faire dans d’autres pays, plutôt que de condamner radicalement toutes les formes « sauvages » d’aide à domicile, réfléchir à ce que certaines d’entre elles nous apprennent pour améliorer les systèmes officiels…
Je le redis : une partie des gens qui recourent à des employé-e-s au noir le font par crainte que les professionnels ne prennent pas humainement bien soin d’eux ou de leur parent… C’est quand même un comble !

Femmes de ménage, gardes d’enfants ou de personnes âgées, ces emplois domestiques précaires et mal rémunérés sont en plein boom. L’Etat les finance massivement en subventionnant les foyers les plus aisés. Cette politique n’est elle pas à revoir ? N’est-il pas urgent de réorienter les politiques publiques pour organiser et développer le secteur de l’aide à domicile ?

Le gouvernement actuel, et les précédents, ont mené des politiques de riches pour les riches, ce n’est plus un secret pour personne. Dans ce domaine comme dans les autres : les plans Borloo, Wauquiez and Co ont coûté au pays plusieurs milliards d’exonérations fiscales et sociales et n’ont crée quasiment aucun emploi. Mais de belles niches fiscales – et on peut sans se tromper affirmer qu’il y a eu moins de vielles dames handicapées aidées par ces politiques que de grandes bourgeoises ayant profité des réductions d’impôt pour faire du coaching sportif à domicile…

Si l’on souhaite réellement développer ce secteur, il faut a minima agir dans plusieurs directions en parallèle.
Dans l’ordre économique, pour permettre aux personnes ayant besoin d’aide, quel que soit leur âge, et quel que soit leur situation financière, de pouvoir se faire aider par des professionnels. Pouvoir être bien soigné et bien aidé en fonction de son besoin d’aide, et non en fonction de son âge, devrait de surcroît être une évidence dans un pays censé respecté le principe d’égalité.

Mais il faut aussi agir sur ces métiers : arrêter de considérer ces métiers comme une sorte de réservoir d’emplois où l’on envoie celles et ceux qu’on ne sait pas trop où envoyer. Arrêter de penser qu’il peut être pertinent de demander à des personnes hyper fragiles (socialement, économiquement, linguistiquement…) de prendre-soin de personnes hyper fragiles (psychiquement, physiquement…). Donc donner à ces métiers les formations qu’ils nécessitent. Créer des conditions de travail non précaires, en termes de temps de travail notamment. Revaloriser les salaires… Travailler également sur le cahier des charges des services professionnels, notamment en termes de bientraitance, de respect des rythmes et des besoins des personnes aidées, etc. Tant que des gens auront le sentiment, à tort ou à raison (mais malheureusement souvent à raison), que les professionnels les respecteront moins que l’étudiante du 5e étage, la fille de la gardienne ou la cousine de l’épicier du coin…
Rappelons aussi qu’un nombre important des personnes âgées ayant besoin d’aide ont besoin d’aide à cause de handicaps psychiques dus à des maladies comme la maladie d’Alzheimer. Prendre soin de ces personnes n’est pas inné. Cela implique des connaissances et des savoir-faire qu’on ne fournit actuellement pas aux professionnels.

La liste est longue de ce qu’il faudrait faire pour développer pertinemment ce secteur. Ces métiers, les personnes qui les exercent et les personnes qui y recourent méritent ces efforts. Mais j’insiste une dernière fois : une société développe ce qu’elle estime culturellement le valoir. Tant que nous ne considérerons pas la vie (quotidienne) d’une vieille dame malade d’Alzheimer comme aussi importante que la vie (quotidienne) d’un chef d’entreprise ou d’un président de conseil général, nous ne parviendrons pas à réellement changer les choses."

Lire l’entretien sur le site de Mediapart...