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Du "5e risque"... à une PSD new-look ?

On espérait se débarrasser enfin, dans les prochaines années, de cette "dépendance" dans laquelle on enferme socialement les personnes de plus de 60 ans en situation de handicap.

On l’espérait notamment grâce à l’article 13 de la loi du 11 février 2005 : « Dans un délai maximum de cinq ans [à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi], les dispositions de la présente loi opérant une distinction entre les personnes handicapées en fonction de critères d’âge en matière de compensation du handicap et de prise en charge des frais d’hébergement en établissements sociaux et médico-sociaux seront supprimées ».

Article oublié, quand il n’est pas clairement attaqué, notamment par tous ceux qui, comme le sénateur Philippe Marini, pense que le "5e risque" est "le risque de la vieillesse aggravée" (sic), autrement dit un dispositif qui restera, comme l’APA, ou plutôt comme la PSD (puisque Marini & Cie souhaitent rétablir le recours sur succession), réservé aux personnes ayant passé l’âge de 60 ans...

Au sujet de Marini et de ces tours de passe-passe, lire cet article.

Geneviève Laroque synthétise ces derniers cheminements :

" C’est depuis plusieurs mois que s’effectue le glissement vers une fausse appellation de "5° risque de Sécurité Sociale", abandonné apparemment pour cause d’obsolescence ( ???) des principes professionnels élargis qui régissent notre "Sécu" ou de "5° branche de protection Sociale", qui entre alors aux côtés des quatre risques de la Sécu (maladie ; accidents du travail et maladies professionnelles ; famille ; vieillesse) auprès de l’assurance chômage et des divers dispositifs d’aide sociale, ce qui fait plus de cinq...

Les amorces de projets qui filtrent toujours sous cette appellation fallacieuse de "5° quelque chose" sont à peu près exclusivement lés à la vieillesse handicapée, dite "dépendante", alors que la dépendance n’est autre qu’un avatar du handicap qui peut survenir à tout âge et en raison de toutes étiologies.

Beaucoup s’étaient retrouvés sur un principe : "une société pour tous les âges", donc un traitement administratif et financier identique quel que soit l’âge du bénéficiaire, une évaluation selon les mêmes critères (sachant évidemment que l’enfant a besoin d’accès à la scolarisation, l’adulte a besoin d’accès au travail professionnel et le retraité n’a besoin ni de scolarité ni d’activité professionnelle) ces modes d’évaluation et d’ouverture de droits n’aboutissant naturellement pas à une uniformité de prestation mais à une adaptation personnalisée à chacun par un plan personnalisé de compensation.

On savait que, compte tenu des différences actuelles dans le niveau des prestations respectivement allouées aux enfants, aux adultes d’âge actif et aux retraités, un relèvement des situations les moins favorables (celles des personnes âgées) demanderait un échelonnement des progrès au cours de période(s) à déterminer.

Dans l’état actuel des projets tels qu’ils ont été annoncés dès le mois de mai dernier, il y a urgence à reporter toute décision et reprendre les définitions et les négociations."

Geneviève Laroque.

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Sur le "risque Xavier Bertrand", ou Comment profiter du "5e risque" pour détruire la Sécurité sociale, enrichir les assureurs et abandonner les vieux malades, handicapés et pauvres, lire cet article.