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« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt
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Les vieux, coupables de tout et de n’importe quoi...
Y compris de l’échec de l’Union pour la Méditerranée !
Dans sa chronique économie, publiée dans Le Monde du 13-14 juilet 2008, Eric Le Boucher mène l’analyse très loin...

Dans cette chronique intitulée "mare nostrum des scepticismes", il s’interroge sur l’UPM (Union pour la Méditerranée).

Passons sur le début, portrait démographique caricatural d’un futur avec une Europe dépeuplée, une Europe de vieux, et une Afrique et une Asie archi-peuplées de jeunes...

L’article parle ensuite de l’UPM et en expose les nombreux obstacles. Car, en effet, obstacles nombreux, aux multiples causes, culturelles, géo-politiques, etc. Complexes.

Mais la complexité fait souffrir les esprits qui ne la supportent pas. Donc, réduction.

Fin de l’article :

« Mais, derrière les belles déclarations, le scepticisme demeure entier. Projet mal préparé ? Sans doute. Le Sud coupable de mal-gouvernance et d’esprit de rivalités ? Bien sûr. Mais on ne peut que voir dans le désintérêt du Nord qu’un endormissement. L’Europe du "non" n’a plus de stratégie. L’Europe repue doute du progrès. L’Europe frileuse renonce se projeter dans le grand avenir. L’Europe est un continent de vieillards. »

Bref, à en croire Eric Le Boucher, si les européens ne font pas plus d’enfants, c’est à cause des vieux ;

Si l’Europe est endormie, repue et frileuse, c’est à cause des vieux (ça ne fait que dormir, les vieux, c’est bien connu, dormir avec une petite laine sur les tas de pièces d’or qu’ils ont volés aux pauvres jeunes) ;

Au passage, on apprendra avec étonnement que l’Europe du "non" est celle des vieux (c’est un scoop, il faut le souligner, puisque les "plus de 65 ans" ont majoritairement voté "oui" à l’Europe).

On remarque, une fois de plus, que "les vieux" forment les accusés idéals de n’importe quelle "théorie politique" censée expliquer n’importe quel phénomène.

Les phobies se rejoignent, âgisme assumé et racisme sous-jacent, dans cette description d’une Europe de vieillards envahie par de jeunes asiatiques et arabes. Mais ce sont les vieux qui sont frileux, pas les chroniqueurs économiques...