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« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt
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Augmentation du minimum vieillesse (ASPA) : en 2012, moins qu’en 1982 !
Un "cadeau" pré-électoral à recevoir avec prudence

En guise de cadeau pré-électoral, le gouvernement a annoncé, en février 2008, qu’il allait verser 200 euros aux titulaires du minimum vieillesse (en politiquement correct, on dit "ASPA") qui "vivent" avec 628 euros par mois.

Enfin, "cadeau", il faut le dire vite : c’est en fait une "avance à valoir"... sur l’augmentation promise du minimum vieillesse : +5% annoncé pour 2008.

5% de plus en 2008, soit 31,4 euros par mois. Autrement dit, les heureux bénéficiaires des 200 euros d’avance attendront, du jour où sera votée l’augmentation, déjà six mois pour la toucher : le temps nécessaire pour "rembourser" l’avance.

Mais derrière cette grande générosité destinée à ratisser quelques voix, quelques réalités moins brillantes :

Certes, Nicolas Sarkozy l’a annoncé : +25% pour le minimum vieillesse dans les 5 ans à venir.

Mais rappelons que ces vingt dernières années (inflation, etc.), le minimum vieillesse a perdu environ 20% par rapport au seuil de pauvreté. Et, d’ici 5 ans, on aura environ 15% d’inflation en plus.

Ce qu’une récente publication de l’Observatoire des Conjonctures Economiques confirme : "le minimum vieillesse a subi une érosion similaire, passant de 52% du revenu médian en 1984 à 42,5% en 2007, soit une perte de 18 % en niveau relatif."

Augmenter aujourd’hui le minimum vieillesse de 25% ne ferait que le ramener au niveau de 1984...

Mais, en 2012, avec l’inflation, même avec ces 25% de plus (si la promesse est tenue...), le minimum vieillesse ne retrouvera pas son niveau d’il y a 25 ans et ne permettra absolument pas de suivre l’augmentation du coût de la vie.

Passons sur d’autres aspects, qui ne doivent pas masquer ce que tous les indicateurs annoncent : les vieillesses dans la pauvreté vont se multiplier dans les 20 ans à venir, ce qui, pour le dire comme l’Observatoire des Conjonctures Economiques, "n’est guère compatible avec l’objectif proclamé de Martin Hirsch de faire baisser d’un tiers le taux de pauvreté en France".

 
Post Scriptum :
Cf. http://www.ofce.sciences-po.fr/clair&net/clair&net-40.htm pour la publication de l’Observatoire des Conjonctures Economiques.