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Réflexions sur l’âge de la vieillesse (1/2)
"A quel âge est-on vieux ?"
« À quel âge est-on vieux ? » La question place la gérontologie, régulièrement, face à ce serpent de mer : est-il possible de définir un « âge de la vieillesse » et, le cas échéant, avec quels critères ?

L’âge comme critère

L’importance accordée à l’âge est récente. Quelques générations à peine nous séparent d’un temps où l’âge d’une personne, même lorsqu’il était connu, n’était pas souvent utilisé. Guère de nécessités administratives pour en rendre l’utilisation importante. Le critère d’âge servit surtout, pendant quelques siècles, à séparer grosso modo, lors des guerres, les hommes en âge de combattre – 15 à 60 ans – des autres…

L’âge comptait bien moins que certains signes : les marqueurs du vieillissement dépendaient surtout autrefois, pour les hommes, de l’apparence et du travail : était vieux celui qui portait sur son corps les signes de l’âge et ne pouvait plus travailler comme avant. Pour les femmes, d’autres considérations et critères, plus complexes, entraient en ligne de compte. La ménopause généralement, le statut matrimonial souvent : dans de nombreuses régions, avoir fini d’élever ses enfants et être veuve vous faisait entrer au sein du groupe à la fois respecté et craint, utile et décrié, des vieilles femmes.

Ces liens entre l’apparence, la capacité à travailler et l’âge de la vieillesse établissaient un certain accord entre vieillesse physiologique et vieillesse sociale. Les attributs négatifs alors attachés à la vieillesse – âge des maladies, de la faiblesse, de la pauvreté – correspondaient à la réalité couramment observée. Par contraste, on soulignait volontiers le caractère exceptionnel de ces vieillards qui, malgré leur « apparence sénile », restaient en relative bonne santé et transmettaient éventuellement aux générations suivantes leur expérience et leur savoir.

Lorsque des raisons administratives et politiques firent de l’âge un élément indispensable, l’âge de la vieillesse fut assez logiquement établi à partir de ces observations courantes du moment où apparaissaient davantage maladies et diminutions : on trouve alors souvent, dès le XVIIIe siècle, l’âge de 60 ans.

Un « 60 ans » qui n’empêche pas de nombreux auteurs, aux XVII et XVIIIe siècles, de considérer qu’on est en fait « vieillard » dès la quarantaine. Au XIXe encore, dans la fameuse image d’Épinal des degrés de la vie, l’« âge de discrétion », qui fait suite à l’« âge de maturité », nous fait glisser dans la vieillesse dès nos 50 ans.

Quoi qu’il en soit, l’âge de 60 ans reste associé à la vieillesse jusqu’au milieu du XXe siècle, où, par rapprochement avec l’âge de la retraite, les « 60 ans » sont souvent remplacés par les « 65 ans ». Ce faisant, se renforçait une sorte d’équivalence entre « l’âge de la retraite » et « l’âge de la vieillesse » – équivalence dont certains peinent à sortir encore aujourd’hui, considérant tous les « retraités » comme des « personnes âgées » !

En attendant, dans les années 1950, la cohérence entre ce nouveau marqueur de vieillissement social (l’âge de la retraite) et la réalité du vieillissement physiologique, bien que plus fragile qu’autrefois, tenait encore : globalement [1], les retraités des années 1950 possédaient une espérance de vie assez faible et un état de santé précaire. Suffisamment pour que de nombreux démographes d’alors continuent d’utiliser le terme de « vieillards » pour qualifier les plus de 60 ans.

La seconde partie du XXe siècle a été le théâtre de plusieurs changements importants :

Les mieux connus : l’évolution de l’espérance de vie, de l’espérance de vie aux grands âges, de l’espérance de vie en bonne santé. La majorité d’entre nous vieillissons différemment d’autrefois : en meilleure santé jusqu’à des âges avancés. La vieillesse, si nous la mesurons à l’aune de notre condition physique, des maladies et des handicaps, commence pour la plupart d’entre nous bien plus tard qu’autrefois. Au-delà de 75 ans, d’après certains gérontologues.

D’autre part, la relation à l’âge et au vieillissement a évolué. Dans un société jeuniste et âgiste, on se sent « en danger d’être vieux » de plus en plus tôt, soit parce que certains médias nous décrivent tels dès les premières rides de la trentaine, soit parce que le monde du travail peut, au nom de l’âge, commencer à nous exclure dès la quarantaine. Bref, pour reprendre une formule souvent employé par Bernadette Puijalon, « on est socialement vieux de plus en plus jeune et biologiquement vieux de plus en plus tard ».

Soulignons un autre changement fondamental, moins souvent analysé, qui influe directement sur la perception sociale de la vieillesse et des vieilles personnes :

Dans la France du XVIIIe siècle, où un enfant sur deux mourait avant l’âge de 11 ans, la maladie et la vieillesse concernaient tous les âges. Pas plus de risques d’être malade et de mourir à 40 ans qu’à 10 ans. Les personnes qui dépassaient les 70 ans, les 80 ans…, faisaient au fur et à mesure de leur avancée en âge figures de survivantes : elles étaient celles qui échappaient à la maladie et à la mort.

Quelle différence avec notre XXIe siècle débutant où la mort frappe surtout les personnes de plus de 70 ans et où les maladies et handicaps sont statistiquement plus nombreux au fur et à mesure que l’on avance en âge. La vieillesse devient ainsi, aisément, associée dans l’esprit de nos contemporains à la maladie et à la mort, et les vieilles personnes souvent décrites comme forcément malades et/ou handicapées – en un mot, fameux, « dépendantes ». Et tant pis pour la réalité qui témoigne de ce que moins d’un quart des personnes âgées de plus de 85 ans connaissent des situations de « dépendance grave » (GIR 1 à 3, pour le dire en termes poétiques)…

Il est souvent difficile de briser cette association et de faire comprendre que la vieillesse n’est pas synonyme de maladies ou de handicaps, mais que l’âge est un facteur de risque de certaines maladies et de certains handicaps. Difficile, mais nécessaire. Nécessaire parce cela témoigne des évolutions positives : oui, il est bon signe, pour une société, que les maladies et les handicaps touchent moins les enfants et ne concernant la majorité des adultes que très tardivement. Nécessaire parce que cela permet de lutter contre certaines idées reçues âgistes : non, les « vieilles personnes dépendantes » accusées de « coûter cher à la sécu » ne coûtent pas « cher » parce qu’elles sont âgées mais parce qu’elles sont malades et/ou handicapées et coûteraient aussi « cher » si elles étaient des trentenaires ou quadragénaires malades et/ou handicapées [2].

Le « vieillissement de la population »

Mais revenons à la démographie et en particulier à une certaine démographie ayant donné du « vieillissement de la population » une vision particulièrement alarmiste. De nombreux démographes ont en effet, à partir des années 1930, observé la traduction démographique de la diminution de la mortalité infantile puis de la diminution de la mortalité aux grands âges : chaque année, dans la population, augmentait le pourcentage de personnes de plus de 60 ans. Une augmentation qui n’a pas cessé : c’est ainsi que l’on passe d’environ 13% de personnes de plus de 60 ans dans la population française en 1900 à environ 22% en 2000.

L’interprétation de tels chiffres est cruciale et dépend essentiellement de la manière dont on perçoit les personnes de plus de 60 ans :

Les perçoit-on, comme jadis, tels des vieillards ? Le « vieillissement de la population » s’apparente alors à une catastrophe, une « invasion de vieux » [3]. C’est l’antienne que le livre La France ridée, paru en 1979, co-écrit par Gérard-François Dumont, Pierre Chaunu, Jean Legrand et Alfred Sauvy, reprend au long de ses chapitres :

« L’Europe a un cancer : le refus de la vie. La France ridée, c’est la France atteinte par la vieillissement, et qui ne le sait pas encore… » Car « vieillir est dangereux tant d’un point de vue politique, économique que social ». La « voie de la sénilité » ne peut que conduire à « l’Europe des cercueils », gigantesque « hospice pour vieillards où les plus de 65 ans seront aussi nombreux que les moins de 20 ans ».

Une vision qui perdure encore, de-ci de-là, en 2007, et dresse alors du futur un tableau toujours plus effrayant. Car ces 22% de personnes âgées de plus de 60 ans dans la population française deviennent, en 2050, environ 32% ! Et Jacques Dupâquier, ancien directeur de l’INED, aussitôt de conclure : « En 2050, l’aspect de la société française sera radicalement modifié et elle ressemblera beaucoup plus à un hospice qu’à un gymnase-club [4]. »

D’aucuns pourraient penser, avec un brin d’âgisme, que la persistance de cette vision archaïque n’est plus désormais l’apanage que de quelques très vieux académiciens… Ils auraient tort. De nombreuses études, d’importantes politiques publiques (celles concernant le handicap par exemple), utilisent toujours cet âge de 60 ans comme censé distinguer les « adultes » des « personnes âgées ». Que cet âge n’ait plus rien à voir avec la vieillesse ne change rien, au fond, à cette discrimination, mais il la rend encore plus ridicule.

L’âge évolutif de la vieillesse

Même si la vision catastrophiste du « vieillissement de la population » fut pendant des décennies la position dominante de l’école démographique française, il serait injuste de faire porter la responsabilité de ces errances à tous les démographes. D’autant plus injuste que plusieurs d’entre eux ont précisément veillé à analyser les questions de l’âge de la vieillesse et du « vieillissement de la population » de manière moins phobique et plus rigoureuse.

Leurs travaux les ont conduit à abandonner l’idée d’un âge de la vieillesse immuable afin de pouvoir tenir compte des changements que nous avons évoqués et qui, en termes d’état de santé, d’apparence, de situation physiologique, etc., font qu’une majorité de personnes ne sont pas, à 60 ans, dans la situation où étaient, au même âge, leurs ancêtres.

Mais comment mesurer ces différences ? Quels critères retenir pour mesurer au fil des siècles, à âge égal, les changements ?

En plus de l’espérance de vie à un âge donné (qui indique par exemple à une personne de 65 ans de la fin du XXe siècle qu’elle peut espérer vivre encore au moins 15 ans), Patrice Bourdelais a retenu quelques indicateurs qui permettent de regarder à quel âge, différent à chaque époque de l’Histoire, apparaissent certaines caractéristiques identiques : la probabilité de vivre encore 5 ans, la probabilité de vivre encore 10 ans et l’état de santé. C’est ainsi, par exemple, que la probabilité de vivre encore 5 ans est la même pour une femme qui avait 63 ans en 1825 et pour une femme ayant 78 ans aujourd’hui.

La conjonction de ces différents indicateurs permet d’établir un « seuil évolutif », un âge d’entrée dans la vieillesse qui évolue au fil du temps : en prenant les éléments qui caractérisaient une femme de 60 ans en 1825, on trouve aujourd’hui une femme d’environ 76 ans ; et pour un homme de 60 ans en 1825, on trouve aujourd’hui un homme d’environ 70 ans.

Si nous tenons compte de cet âge évolutif, le « vieillissement de la population » ne peut plus être perçu de la même manière : car s’il y avait environ 10% de vieilles personnes (60 ans et plus) en 1820, il y avait environ 10% de vieilles personnes (65 ans et plus) en 1968 et environ 10% de vieilles personnes (72 ans et plus) aujourd’hui. Nous sommes loin de l’« invasion des vieillards ». Et l’apocalypse démographique annoncée se dégonfle : environ 18% de personnes de 60 ans et plus en 1985, environ 18% de personnes de 72 ans et plus en 2040 [5] !

Les démographes sérieux, désormais, nous l’affirment donc : nous ne sommes plus vieux à 60 ans. Il ne reste plus qu’à tous les journalistes et responsables politiques à le comprendre et à cesser de traiter la majorité des sexagénaires et septuagénaires actuels comme s’ils étaient des « vieillards ». Nous y reviendrons.

UN âge ?

Auparavant, il nous faut signaler, sur la carte de notre parcours, quelques méchants écueils.

D’avoir enfin séparé la soixantaine de la vieillesse n’empêche pas de continuer à présenter les choses sous une forme au fond aussi caricaturale que la précédente : « Aujourd’hui, on est vieux à 75 ans. »

La détermination d’un âge, quel qu’il soit, conduit nécessairement à commettre plusieurs erreurs en contribuant à :
- masquer les différences inter-individuelles, considérables : une personne peut se sentir vieille à 58 ans, une autre à 86 ;
- faire croire qu’un processus (on devient vieux) serait une transformation brutale (on est vieux à X ans) ;
- occulter l’influence des conditions de vie et de travail sur l’état de santé, le vieillissement et l’espérance de vie : rappelons que l’état de santé est fortement dépendant du niveau d’instruction, de l’activité professionnelle et du revenu, facteurs qui renforcent l’hétérogénéité des situations face au vieillissement et à la mort.

Les Français appartenant à des ménages à faible revenu accusent un vieillissement prématuré par rapport à ceux qui disposent de meilleurs revenus. Un ouvrier non qualifié au chômage, par exemple, accuse un vieillissement prématuré de plus de 5 ans par rapport à un cadre supérieur actif [6]. L’espérance de vie à 35 ans est de 35 ans pour un manœuvre, de 45 ans pour un ingénieur [7]. Derrière l’apparente égalité de tous devant la vieillesse et la mort se cache donc la réalité : « Les personnes les plus fragiles des groupes socio-économiques les plus bas meurent avant d’être vieux [8]. » Environ 35 % des Français meurent avant 75 ans.

Il serait d’autant plus dangereux de considérer que la vieillesse ne commence jamais avant 75 ans que les conclusions que l’on pourrait en tirer dans certains domaines (âge de la retraite, par exemple) seraient totalement inadaptées à toute une partie de la population. Et pourraient contribuer à recréer une situation proche de celle de la première moitié du XXe siècle où la plupart des employés mouraient avant – ou juste après – leur départ à la retraite.

Le « paradigme du déficit »

La démographie possède une telle influence, y compris médiatique, sur la manière dont une société considère les âges, qu’il nous faut encore y revenir quelques instants pour pointer un nouveau danger. Celui d’une conception qui, constatant les améliorations de l’état de santé dans la période 60-80 ans, repousse l’âge de la vieillesse jusqu’à l’âge où statistiquement augmentent maladies et handicaps et, partant, finit par dresser l’équivalence « vieillesse = maladie/handicap (dépendance) ».

Ce danger, certains démographes n’y échappent pas, tel Hervé Le Bras qui n’échappe à l’habituelle équivalence « vieux = + de 60 ans » qu’au prix d’un étonnant raisonnement :

« Si l’âge de la vieillesse, c’est-à-dire des incapacités (sic), recule, on devrait en tenir compte dans la mesure du vieillissement. On ne peut donc plus compter comme « vieux » toute personne ayant dépassé 60 ans ou tout autre âge fixé à l’avance. Il faut seulement compter les personnes en état d’incapacité. Aucun recensement ne permet d’estimer leur nombre, mais on peut assimiler tous ceux qui ont moins de 5 années à vivre aux personnes en état d’incapacité [9]. »

Ainsi :
- l’âge de la vieillesse devient l’âge des incapacités. Les personnes âgées sont toutes en état d’incapacité. Les 40% de nonagénaires autonomes physiquement et psychiquement ne sont donc pas des « vieilles personnes » !
- Les personnes en état d’incapacité deviennent celles qui ont moins de 5 ans à vivre. Les personnes qui vivent de nombreuses années avec des handicaps ou maladies chroniques invalidantes ne sont donc ni en état d’incapacité ni vieilles ! Quant aux vieilles personnes qui ont moins de 5 ans à vivre mais ne sont pas en état d’incapacité, elles disparaissent du paysage !

Ce raisonnement, et les dangers qu’il comporte, n’est pas isolé. On le voit apparaître de plus en plus fréquemment, sous une forme aux apparences moins scientifiques, dans la distinction faite par beaucoup entre un « 3e âge » et un « 4e âge », ce dernier étant forcément « l’âge de la dépendance », voire « l’âge de la fin de vie ». Bref, on repousse l’âge de la vieillesse pour mieux tomber dans le « paradigme gériatrique » d’avant la gérontologie : on ne voit que les malades – on voit plus de malades à 85 ans qu’à 60 ans – donc tous les octogénaires sont malades (dépendants) .

Du chronologique au social…

Il n’y a pas, chronologiquement parlant, d’âge de la vieillesse qui ne soit autre chose qu’un critère très imparfait (entre autres parce que totalement inapte à rendre compte de la diversité des situations), pouvant être utilisé pour des besoins statistiques ou politiques. L’âge de 60 ans comme « âge de la vieillesse » n’a plus de sens aujourd’hui. Celui de 75 ans peut en avoir un pendant quelques années – mais dans les mêmes limites que l’âge de 18 ans. En précisant bien ces limites : celles d’une nécessité politique à manier avec grande prudence. Il ne vient à l’idée de personne de prétendre que l’on est adulte à 18 ans (on peut le devenir , plus ou moins lentement, entre 16 et 35…), on ne devrait plus entendre ou lire que l’on est vieux à 75 ans, alors qu’on peut le devenir, plus ou moins lentement, entre 55 et 95 ans… [10]

Tout nous incite donc à dépasser l’âge chronologique et à regarder aussi les marqueurs sociaux du vieillissement. A âge équivalent, on ne vieillit pas de la même manière, on ne se sent pas identiquement vieux, on ne se situe pas identiquement sur l’échelle des âges, selon ses pratiques sociales, son environnement, humain et matériel, sa place au sein de la famille, sa situation professionnelle, etc.

Suite de l’article ICI...

 

[1] Le « globalement » ne doit pas masquer les écarts importants, entre individus d’une part, entre catégories socioprofessionnelles d’autre part. Nous y reviendrons.

[2] Elles coûteraient même « plus cher » puisque elles seraient majoritairement mieux aidées et soignées si elles étaient trentenaires ou quadragénaires.

[3] On trouve aussi, au fil des livres et des médias : « marée grise », « régression indolore », « peste blanche », « tsunami démographique »…

[4] Discours du 8 janvier 2007 à l’Académie des sciences morales et politiques. Consultable sur la site internet de ladite Académie.

[5] D’après les projections de l’INSEE, au plus haut de la vague du « papy-boom », en 2050, les personnes de plus de 75 ans représenteront 14% de la population française. 14% : comment peut-on alors écrire, comme le fit Le Monde il y a quelques années, qu’« avec la génération du baby-boom qui a maintenant dépassé la quarantaine, les “vieux” sont en passe de devenir majoritaires en France » ? « La retraite, revendication d’un pays vieillissant. » Le Monde, 26-27 janvier 1997.

[6] Cf. État de santé, vieillissement relatif et variables socioéconomiques, CREDES, 1994.

[7] En 1980-1989. Cf. Guy Desplanques, « L’inégalité sociale devant la mort ». In : La Société française : données sociales 1993. INSEE, 1993.

[8] Jean-Claude Henrard, Les Défis du vieillissement. La Découverte, 2002.

[9] Hervé Le Bras, Les 4 mystères de la population française. Odile Jacob, 2007.

[10] La fourchette est d’autant plus large que l’on tient compte de la mobilité et de l’influence du regard social. Un ouvrier français de 55 ans, physiquement éprouvé, d’origine africaine par exemple, peut être perçu et se vivre comme « vieux » lors d’un séjour dans son village d’origine.