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« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt
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Le "tsunami démographique".
Quand la vague des vieux déferle...

Le "tsunami démographique", sous-entendu : la vague, la marée, le raz-de-marée de vieux qui va déferler sur nous, jeunes et innocentes victimes, dans les années à venir.

L’expression est à la mode depuis l’an dernier, depuis qu’elle fut successivement employée par plusieurs responsables politiques de "droite" et de "gauche".

Très judicieuse expression, parce que très révélatrice, sans doute, de l’inconscient linguistique de ceux qui l’emploient.

Car un tsunami, rappelons-le, a pour principales caractéristiques d’être inattendu, très rapide et très violent - et d’avoir des conséquences humaines, sociales et économiques dramatiques.

Or les changements démographiques qui auront lieu en France dans les cinquante prochaines années :

- sont prévisibles et prévus (sauf par les personnes atteintes du fameux "syndrome du cerveau-lent") depuis plusieurs décennies ;

- sont lents (un bébé du baby-boom né en 1960 met 80 ans pour devenir, en 2040, un octogénaire (non ?! Si, si, je vous assure) ;

- ne sont pas violents ;

- enfin, ces changements démographiques ne portent en eux-mêmes aucune conséquence catastrophique (ils auront en revanche bien entendu des conséquences catastrophiques s’ils surviennent dans une société continuant à être inadaptée et âgiste).

Qu’en conclure ? Que ceux qui emploient cette expression viennent seulement d’entendre soudainement, violemment, ce que tout le monde leur crie dans les oreilles depuis longtemps ? Possible. Qu’ils sont, malgré leurs activités, aussi pétris de clichés âgistes que les autres ? Possible également.

Il va en tout cas devenir de plus en plus difficile, après le papy-clash, le papy-crash, l’hier démographique et le "tsunami" démographique, de trouver plus sombre pour décrire l’avenir.

Quoique... on a eu récemment droit à une description de l’Europe des années 2050 comme un "asile de vieillard". L’imagination morbide a encore de beaux jours devant elle.