Quand l’assurance des uns aide à la destruction des autres.
vendredi 2 mars 2007
par Jérôme P.

L’argent de nos contrats d’assurance, chez certains assureurs, comme l’argent de nos comptes en banque, dans certaines banques, est investi dans les entreprises de fabrication d’armes..., et pas n’importe quelles armes : les plus efficaces en termes de dégats sur les populations civiles, de mutilations, de handicaps, etc. (mines antipersonnel, bombes à sous-munitions).

Jeudi 1er mars 2007, Communiqué :

AMNESTY INTERNATIONAL ET HANDICAP INTERNATIONAL RESILIENT LEURS CONTRATS D’ASSURANCE AVEC AXA POUR PROTESTER CONTRE SES INVESTISSEMENTS DANS LA FABRICATION DE MINES ET DE BASM

" A l’occasion du 8ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, Amnesty International et Handicap International décident de résilier leurs contrats d’assurance avec le Groupe AXA. En effet, celui-ci n’a pas donné suite aux demandes réitérées des deux associations de cesser tout investissement direct ou indirect vers des fabricants de mines antipersonnel et de bombes à sous-munitions (BASM).

En l’absence de réponse à leur demande, exprimée par une lettre adressée le 26 janvier dernier à Henri de Castries, Président du Directoire d’AXA, Amnesty International et Handicap International ont confirmé leur décision de résilier l’ensemble de leurs contrats d’assurance passés avec ce groupe. Dans ce courrier, les deux associations demandaient en premier lieu à AXA de renoncer à ses investissements indirects (actifs gérés pour compte de tiers) dans les entreprises productrices de mines antipersonnel. Pour Amnesty International et Handicap International, de tels investissements violent l’esprit et la lettre du Traité d’Ottawa, ratifié par la France depuis 1997. L’interpellation comportait en second lieu un appel à AXA à reconsidérer ses investissements directs et indirects dans les entreprises fabricant des BASM, armes qui violent le droit international humanitaire.

Cette décision intervient au terme de plusieurs mois d’échanges et de rencontres insatisfaisantes entre les deux associations et le Groupe AXA : En avril 2006, celui-ci avait décidé d’arrêter tout investissement direct dans des entreprises fabriquant ou faisant commerce de mines antipersonnel, en référence à la loi française d’application du Traité d’Ottawa. Interpellé par les deux association sur la poursuite de ses investissements indirects dans les entreprises productrices de mines, AXA n’avait pas donné suite. Pour les deux associations, il n’est pas acceptable qu’une société française puisse proposer à ses clients des produits financiers incluant des actifs dans des entreprises liées à des activités sanctionnées par la législation française.

En octobre 2003, un rapport de l’ONG belge Netwerk Vlaanderen révélait que cinq des plus grandes banques implantées en Belgique (AXA, Dexia, Fortis, ING et KBC) investissaient de manière massive dans les producteurs d’armes. Suite à l’interpellation de ces banques, une loi d’interdiction des financements dans les producteurs de mines antipersonnel a été votée par la Belgique. Toutefois AXA n’a pas considéré nécessaire d’appliquer cette mesure en France, affirmant que la loi française n’interdirait pas explicitement de tels investissements. D’autre part, à l’exception d’AXA, toutes les banques interpellées en Belgique ont finalement fait évoluer leur politique d’investissement dans les fabricants de BASM. Tout en affirmant suivre les discussions internationales sur la question, AXA n’envisage pas de modifier sa politique tant que ces armes n’auront pas fait l’objet d’une interdiction légale. Selon un rapport de Netwerk Vlaanderen, AXA aurait investi en 2006, 5,5 milliards de dollars dans 13 compagnies fabriquant des BASM. 

A la suite de la décision de résilier leurs contrats d’assurance avec AXA, Amnesty International et Handicap International relancent leur mobilisation commune de l’opinion publique initiée en 2006 (cartes-pétition, campagne internet), pour convaincre le groupe de mettre en adéquation son discours d’entreprise responsable et sa politique d’investissements financiers.

Vendredi 23 février, à l’appel du gouvernement norvégien et des ONG, 46 états, dont la France, ont signé une déclaration commune les engageants à aboutir en 2008 à la signature d’un « traité d’interdiction des armes à sous-munitions, qui provoquent des souffrances inacceptables sur les civils », une situation douloureusement illustrée par la récente guerre au Liban. "

Pour plus d’infos :

amnesty

ou

handicap international

Contacts presse :

- Amnesty International : Michael Luze : 01 53 38 65 77 / 06 76 94 37 05 – mluze@amnesty.fr

- Handicap International : Sophie Couturier : 01 43 14 87 02 / 06 60 97 09 38 – scouturier@handicap-international.org

Signatures: 0
Date Nom Sites Web Message