Promesses et trahisons
Communiqué de la Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées Et de leurs Familles
lundi 6 avril 2009
par Jérôme P.

Communiqué de la Fédération Nationale des Associations de Personnes Agées Et de leurs Familles (FNAPAEF)

Lors de sa conférence de presse du 31 mars 2009, Madame Valérie LETARD, Secrétaire d’Etat en charge des personnes âgées, a rejeté le bienfondé des interrogations et des critiques formulées par l’ensemble des associations du secteur médico social sur la politique du gouvernement envers les personnes âgées et les personnes handicapées.

La FNAPAEF observe un décalage inquiétant entre la réalité du terrain révélée par les associations et la réponse des Pouvoirs Publics qui persistent à faire l’analyse des enveloppes financières avant celle des besoins. Sans méconnaître les efforts financiers réalisés ces dernières années, la FNAPAEF constate que les moyens et les financements demeurent bien en deçà des besoins pour un accompagnement médical, social et humain du a tout citoyen français pouvant être confronté à un moment de sa vie à une situation de handicap.

La secrétaire d’Etat admet « qu’il y a un domaine où d’importants progrès sont à accomplir : c’est celui du reste à charge aux familles où aux personnes âgées en établissement. Quatre personnes âgées sur cinq n’ont pas les revenus leur permettant de faire face aux tarifs des Maisons de Retraite » Depuis plusieurs années la FNAPAEF alerte les Pouvoirs Publics, elle a interpellé récemment la Secrétaire d’Etat sur le niveau des tarifs hébergement devenus insupportables. Malgré les constats de l’ancien Ministre délégué aux personnes âgées, Monsieur Philippe BAS, du rapport 2005 de la Cour des Comptes, et de celui de Madame Valérie LETARD, le reste à charge des personnes âgées fragilisées n’a fait qu’empirer. La FNAFAEF sollicite moins de compassion mais attend la mise en place immédiate de mesures concrètes à la hauteur des ressources des Résidents en établissements et des personnes âgées à domicile.

La Secrétaire d’Etat avance que « pour 100 résidents le nombre moyen d’agents est désormais de 62 dont 25 soignants » la réalité observée est en fait bien inférieure au chiffre avancé. Compte tenu de l’accélération du taux de handicap lourd dans les établissements la FNAPAEF n’a eu de cesse de demander d’appliquer les ratios du Plan Solidarité Grand Age : 80 agents pour 100 résidents et 100 agents pour 100 résidents concernant les établissements ayant des personnes lourdement handicapées afin d’assurer une meilleure prise en charge médicale, une qualité de soins et de vie, une humanisation respectant la dignité des personnes âgées fragilisées.

La FNAPAEF relève que la circulaire budgétaire du 13 février 2009 (convergence tarifaire, globalisation, forfaitisation des dispositifs médicaux dans les établissements) confirme l’orientation des Pouvoirs Publics vers une gestion comptable et financière restrictive au détriment d’une véritable politique de qualité, d’humanisation, de promotion des projets de vie individualisés, du respect et de la reconnaissance des Personnes Agées fragilisées. Cela confirme également un abandon du Plan Solidarité Grand Age et désavoue de ce fait les engagements du Président de la République.

Nous sommes déterminés à réagir fortement face à une situation que nous vivons comme une accumulation de promesses non tenues qui trahissent les engagements pris auprès des personnes âgées et des familles, des personnels et des Directeurs de Structures.

Joëlle LE GALL
Marc REYBAUD
Claudette BRIALIX

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