Pour une république qui crée les conditions de la transformation politique
Texte en provenance de www.alter-m.org
lundi 14 juillet 2008
par Jérôme P.

Pour une république qui crée les conditions de la transformation politique

La république n’est pas un concept abstrait. Elle ne se résume pas à un ensemble de valeurs qui peuvent très bien être invoquées par ceux qui travaillent à sa destruction. La république est indissociable d’une exigence de démocratie réelle et d’une promesse d’améliorations sociales pour ceux qui n’appartiennent pas à la minorité des nantis. L’acceptation par tous des règles de vie en commun repose sur des contre-parties visibles.

Mais aujourd’hui, la logique économique met en péril les solidarités nationales. Dans les pays développés, l’expansion du capitalisme mondialisé fragilise le lien social, nourrit le sentiment d’insécurité et fragmente les identités collectives.

Côté sud, le néocolonialisme convoite les ressources naturelles de nombreux pays et répand partout le désir d’un modèle de consommation qui renforce le capitalisme transnational. L’occidentalisation à marche forcée alimente un sentiment de dépossession et, parfois, les pires replis identitaires.

Ainsi, au Nord comme au Sud, le malaise social est orienté vers l’exacerbation des identités aux dépens de la construction d’un projet collectif à dimension sociale et politique, pouvant rassembler des populations diverses.

Cette dérive n’est pas nouvelle. Au début du XXè siècle, la question sociale était détournée par les forces conservatrices vers l’exaltation des identités nationales (ce qui favorisa l’éclatement du premier conflit mondial). Aujourd’hui l’art de la fragmentation s’est affiné. La société doit devenir une juxtaposition de groupes se tolérant mais se concurrençant pour obtenir reconnaissance symbolique et part du gâteau économique.

Une telle conception du vivre ensemble entretient des conflits d’intérêts entre groupes, ce qui protège les véritables rapports de domination et ne favorise en rien l’épanouissement et l’émancipation des personnes. Elle défie le principe de laïcité. Elle ouvre la porte à des politiques de poids et mesures (discrimination positive, immigration choisie) aux conséquences périlleuses.

Nous n’avons encore que les prémisses de ce scénario. Comment le nommer ?

L’idéologie néolibérale veut croire en l’avènement d’un humanoïde parfaitement individualiste dans ses comportements sociaux et économiques, tournant le dos aux tragédies de l’histoire pour vivre dans l’éternel présent de la consommation et de la communication.

En fait, les adeptes du néolibéralisme n’y croient pas eux-mêmes. Ils ont bien compris qu’un marché planétaire indifférencié, venu à bout de la diversité culturelle et de l’histoire ne peut advenir rapidement. En attendant, notre surclasse mondialisée n’hésite plus à jouer la carte du communautarisme ethnique et religieux, objet très ambigu de ses invectives et de ses soins. Les poussées de mondialisation provoquent des réactions identitaires qui, en servant de repoussoir, présentent l’intérêt de discréditer toute remise en cause du modèle dominant. Les peuples se voient ainsi proposer une situation sans issue : celle qui relève d’un scénario à la fois libéral et communautariste.

Source de conflits perpétuels, ce scénario dément nous conduit vers des formes encore inconnues de barbarie. Mais comment le déjouer ? En le prenant à contre-pied par une transformation des règles du jeu économique (voir le texte d’Alter sur la croissance) et par la revitalisation d’une république qui crée les conditions d’une transformation politique et permette de donner du sens à nos choix de vivre ensemble.

Lire la suite du texte sur le site http://www.alter-m.org

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