Travailler très peu pour gagner très peu : c’est la situation d’un nombre croissant de femmes dans les services à la personne
un article de Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice
dimanche 10 février 2008
par Jérôme P.

Travailler très peu pour gagner très peu : c’est la situation d’un nombre croissant de femmes dans les services à la personne

par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice,

provenant du site d’Alternatives économiques.

Début de l’article :

" L’économiste Philippe Askenazy a signé, dans Le Monde du 23 janvier, une tribune : « Smic : la France à contre-courant ». Il y montre avec d’excellents arguments qu’il faut faire progresser le Smic horaire et qu’il n’y aurait aucun inconvénient, et beaucoup d’avantages, à ce que le Smic mensuel à temps plein atteigne 1 500 euros en 2012. Fort bien. Mais les bas salaires, en France, tiennent moins à l’insuffisance (réelle) du Smic horaire qu’à l’extrême faiblesse du nombre d’heures de travail dans certains secteurs, dont l’un, en pleine expansion, bat tous les records. C’est celui des « services à la personne », c’est-à-dire pour l’essentiel les services aux personnes âgées et ceux de gardes d’enfants à domicile, les services « domestiques » des femmes de ménage, plus divers types de services à domicile pour le moment assez marginaux.

10 HEURES DE TRAVAIL EN MOYENNE PAR SEMAINE !

Christine Lagarde a annoncé, le 6 septembre 2007, le chiffre de 116 000 emplois créés dans ce secteur en 2006, un chiffre en nette progression par rapport à 2005. Un beau succès ? Non, pour deux raisons.

La première raison est que la qualité de l’emploi, faible en moyenne, est encore plus faible dans le système du « gré à gré » (celui des « particuliers employeurs ») que dans les « organismes agréés de services à la personne » (OASP). Or c’est le gré à gré qui s’envole en 2006, en ajoutant 102 400 « emplois » (les guillemets vont être expliqués), contre 42 300 en 2005. À l’inverse, l’emploi dans les OASP voit sa progression divisée par deux : 45 600 en 2005 et 20 500 en 2006.

La deuxième raison de remettre en cause les chiffres mirifiques de créations d’emplois dans ces activités est la suivante : peut-on encore parler d’emplois lorsqu’on découvre un chiffre omis par Madame Lagarde : dans ce secteur devenu énorme (1,34 million d’emplois en 2006), on travaille en moyenne 10 heures par semaine (481 heures par an en 2006), mais avec de forts écarts autour de cette moyenne (de une à deux heures par semaine à plus de 50 heures dans de très rares cas !), et avec de fréquentes variations dans ce volume horaire au cours de l’année. Et l’on est souvent payé au SMIC, ou guère plus."

(...)

Suite de l’article sur le site de l’auteur.

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