Deuil
vendredi 18 avril 2008
par Jérôme P.

Monsieur Nicolas Sarkozy rend hommage à Aimé Césaire.

Aimé Césaire qui écrivait : « L’essentiel est ici de voir clair, de penser clair (...), de répondre clair à l’innocente question initiale : qu’est-ce en son principe que la colonisation ? De convenir de ce qu’elle n’est point : ni évangélisation, ni entreprise philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l’ignorance, de la maladie, de la tyrannie, ni élargissement de Dieu, ni extension du Droit ; d’admettre une fois pour toutes (...) que le geste décisif est ici de l’aventurier et du pirate, de l’épicier en grand et de l’armateur, du chercheur d’or et du marchand, de l’appétit et de la force, avec, derrière, l’ombre portée, maléfique, d’une forme de civilisation qui, à un moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d’étendre à l’échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes. »

Monsieur Nicolas Sarkozy rend donc hommage à Aimé Césaire.

Monsieur Nicolas Sarkozy qui, en révisionniste, affirmait au sujet de la colonisation : « Le rêve européen... qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc... ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. »

C’est bien, aujourd’hui, l’épicier révisionniste, le pirate révisionniste, l’armateur révisionniste, le marchand révisionniste qui, après avoir réécrit l’histoire, rend hommage à Aimé Césaire. Comme s’il n’était pas, lui, et ses amis, parmi lesquels Bolloré, pilleur notoire de l’Afrique, l’un des plus visibles représentants du néo-colonialisme libéral.

« Ce n’est pas par la tête que les civilisations pourrissent. C’est d’abord par le cœur », disait Césaire.

Avec à sa tête des Berlusconi, des Sarkozy, des Poutine, notre civilisation ne peut plus se le cacher : elle a désormais le coeur bien pourrissant.

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