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« Si nous nous obstinons à concevoir notre monde en termes utilitaires, des masses de gens en seront constamment réduites à devenir superflues. » Hannah Arendt
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Macron, Buzyn et l’art des lanternes
Un nouveau plan... de mots et de rien

Le Gouvernement, via sa Ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, vient d’annoncer un énième plan pour améliorer "la prise en charge de la dépendance".

Comme d’habitude : de jolis mots (si, si, "prise en charge de la dépendance", pour un technocrate, ce sont des jolis mots), des déclarations d’intention, et quasiment pas un seul chiffre concret. Et quand il y en a, par exemple sur la création de places destinées à faciliter un court séjour dans un ehpad entre hôpital et domicile, on reste comme d’habitude sidérés : 1000 places. 1000, sur toute la France.

Tandis que les vieilles personnes handicapées (je rappelle que la "dépendance" n’existe que pour empêcher de traiter les personnes handicapées de plus de 60 ans sur un pied d’égalité avec les personnes handicapées de moins de 60 ans - voir les nombreux articles consacrés à ce sujet sur ce site) ne disposent pas des aides et soins nécessaires, tandis que les établissements, services à domicile et les professionnelles qui y travaillent sont en souffrance à cause du décalage croissant entre les besoins et les moyens, une fois de plus, la réponse oscille entre baratin et vide.

Et comme à chaque fois, les financements accordés au compte goutte par ce nouveau plan étant inférieurs à l’augmentation des besoins qui s’est accrue depuis le plan d’avant, on assiste donc encore à un tour de passe passe visant à masquer une nouvelle diminution des moyens.

Mais sous Macron, on nous paye encore plus avec de grands mots. Les poètes de ministère nous assurent que "vieillir c’est d’abord avoir une maison et être dans le monde". (A propos de maison, la loi Elan, que le même Gouvernement vient de faire passer, met fin avec le principe d’accessibilité universelle dans la construction neuve... permettant donc la construction d’une majorité d’appartements désatreux ou impossibles pour les personnes handicapées).

Mais sous Macron, merveille des contes de fée, les technocrates qui ne voient pas plus loin que le bout de leur bureau et de l’année nous assurent que "le sujet doit être traité de manière globale, interministérielle et non cloisonnée", et ce Gouvernement oligarchique d’intérêts privés nous annonce qu’il va lancer un "débat public et citoyen".

Ouf. Avec un débat public et citoyen, on est sauvés.

Jérôme Pellissier - www.jerpel.fr

 
Post Scriptum :
Dans la série des vols commis par ce Gouvernement, citons aussi l’argent lié au déremboursement des médicaments dits anti-alzheimer qui sera, c’est promis-juré-craché-si je mens je vote Macron, attribué aux "prises en charge non médicamenteuses".